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Maroc : naissance d’un « nouveau chemin de développement » qui vise à doubler le PIB d’ici 2035

Après 18 mois de travaux, la Commission spéciale sur le modèle de développement (CSMD), composée de 35 membres, accouche d’une feuille de route pour le Maroc de demain. Dans un document volumineux de 170 pages, la commission propose « un chemin du changement crédible et réalisable ». La première copie a été remise au Roi Mohammed VI, qui a présidé, le mardi 25 mai, au palais royal de Fès la cérémonie de présentation de ce document.

« Le modèle de développement proposé se veut une vision prospective du Maroc de demain », tels sont les premiers mots de Chakib Benmoussa, suite à l’audience du palais royal de Fès. Dans son allocution, le président de la CSMD a tracé les contours d’un nouveau cap de développement devant le Roi du Maroc et toute la Task-force constituée de conseillers royaux et de membres du gouvernement, notamment le Chef du gouvernement, Saad Dine El Otmani, du président de la Chambre des Représentants, Habib El Malki, du président de la Chambre des Conseillers, Hakim Benchamach, des Conseillers de SM le Roi, Omar Azzimane et Fouad Ali El Himma, et des présidents des instances constitutionnelles.

C’est une nouvelle étape franchie dans la consolidation du projet de société marocain. Pour la CSMD, le Maroc de 2035 sera un pays « créateur de valeurs », qui fructifie ses potentialités de manière durable, partagée et responsable.

Fruit d’un « large processus participatif d’écoute, de débat et d’intelligence collective », ce document de 170 pages résulte d’une approche multidimensionnelle et d’un cadrage de ses travaux. Toutefois, la commission précise que le rapport n’est « ni une solution miracle aux dysfonctionnements relevés, ni une compilation de politiques sectorielles et encore moins un mode d’emploi pour un programme gouvernemental ou partisan ».

Parmi les objectifs établis par la commission Benmoussa : le doublement du produit intérieur brut par habitant à horizon 2035, une maitrise des apprentissages de base à la fin du cycle primaire par plus de 90% des élèves, l’augmentation du nombre de médecins par habitants pour atteindre les normes de l’OMS, la réduction à 20% de la part de l’emploi informel, l’élargissement du taux de participation des femmes à 45%, contre 22% en 2019, un taux de satisfaction des citoyens envers l’administration et les services publics de plus de 80%.

Pour atteindre ce cap escompté, la CSMD préconise une nouvelle doctrine organisationnelle pour « renforcer l’action commune et sceller les engagements des acteurs ».

Dans l’ensemble, le document est composé de trois grandes parties : la partie diagnostic; la partie consacrée à la gouvernance publique; la partie constituée par la feuille de route. Elle comprend 4 axes avec, dans chaque axe, des propositions concrètes. Le rapport englobe également des projets phares dans différents domaines. Et pour finir, un diagnostic, des méthodes, une feuille de route stratégique et des leviers opérationnels.

A travers cette feuille de route, la commission propose un « Pacte national pour le Développement », comme mécanisme de mise en œuvre. Une proposition validée par le Roi Mohammed VI. Selon le communiqué du cabinet royal, cette proposition mérite d’être retenue et mise en œuvre « en tant que référentiel commun de toutes les forces vives dans leur diversité ». Un autre mécanisme proposé, sous l’autorité du souverain, sera dédié au suivi du NMD, à l’impulsion des chantiers stratégiques et à l’appui à la conduite du changement.

Sur le plan économique, la commission estime fondamental d’accélérer sa transformation pour la rendre dynamique, diversifiée et compétitive, créatrice de valeur ajoutée et d’emploi décents, et génératrice de ressources pour financer les besoins sociaux. Pour cela, l’accent devra être mis davantage sur le renforcement de la capacité de résilience et d’adaptation de l’économie nationale autant aux chocs induits par la crise actuelle de la Covid-19 qu’à d’autres types de crises dont la fréquence et l’intensité pourraient s’accentuer à l’avenir.

Par ailleurs, la commission préconise « une approche systémique et sans silos » pour les secteurs frappés de plein fouet par les conséquences de la crise sanitaire, notamment l’agriculture, le tourisme et l’éducation/santé.

Concernant l’agriculture, la crise sanitaire actuelle a mis en exergue les enjeux de la souveraineté alimentaire et du développement d’une agriculture moderne, à forte valeur ajoutée, inclusive et responsable.

Quant au tourisme, les effets de la crise sanitaire appellent à repenser son développement dans une perspective de résilience et de durabilité. Sur le moyen-long terme, un nouveau souffle du secteur pourra être apporté par la valorisation de tous les atouts des territoires, autant pour dynamiser le tourisme intérieur que pour attirer de nouveaux segments de la demande mondiale.

Pour ce qui est de la santé et de l’éducation, socles de l’amélioration du capital humain, la Commission préconise de : renforcer substantiellement l’offre des services publics sur l’ensemble des territoires et d’en assurer l’accès équitable, aux côtés d’un secteur privé, partenaire responsable et éthique ; mettre l’accent sur la qualité des services, telle que mesurée par les acquis des élèves, par le niveau de compétence des étudiants et leur employabilité et par une offre de soins qui rende effective la généralisation de la couverture santé ; valoriser les ressources humaines et renforcer leurs capacités, qu’il s’agisse des enseignants, des chercheurs, des médecins ou du personnel de santé.

Toutefois, la réussite du NMD reste tributaire d’une stratégie adéquate de financement. A cet effet, la commission considère que les réformes transformationnelles du NMD vont générer de la croissance et un retour sur investissement conséquent et permettront d’assurer à terme la soutenabilité financière du modèle.

Maintenant, l’étape suivante pour la CSMD sera de mener une vaste opération de restitution et d’explication de ses conclusions et recommandations, auprès des citoyens et des différents acteurs à travers toutes les régions du royaume.

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