La France va suspendre l’importation de produits alimentaires d’Amérique du Sud contenant des résidus de substances interdites en Europe, a annoncé dimanche le gouvernement, qui tente de répondre au mécontentement des agriculteurs.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a précisé sur X qu’un arrêté serait pris dans les prochains jours pour suspendre l’importation de produits tels que des avocats, des mangues, des goyaves, des agrumes, du raisin et des pommes « d’Amérique du Sud ou d’ailleurs » contenant des résidus de mancozèbe, glufosinate, thiophanate-méthyl et carbendazime.
« Des contrôles renforcés seront réalisés par une brigade spécialisée pour garantir le respect de nos normes sanitaires« , a-t-il ajouté.
Selon le Premier ministre, il s’agit d’une « première étape pour protéger nos filières et nos consommateurs et lutter contre la concurrence déloyale, véritable enjeu de justice et d’équité pour nos agriculteurs« .
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard, à l’initiative de la décision, a par la suite précisé sur X que l’arrêté à venir concernerait « plus d’une dizaine de produits alimentaires« .
« Melons, pommes, abricots, cerises, fraises, raisins, pommes de terre : ils ne seront commercialisés en France que s’ils ne présentent aucun résidu de ces substances interdites chez nous. Équité et justice pour nos agriculteurs. Légitime protection pour notre agriculture« , a-t-elle écrit.
« D’autres produits d’Amérique du Sud comme les avocats, la goyave ou certains agrumes venant d’ailleurs ne pourront venir que s’ils respectent nos normes« .
Ces annonces interviennent alors que les agriculteurs organisent depuis le mois de décembre des points de blocage et des manifestations en France pour exprimer leur mécontentement face à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) bovine et à l’accord entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur.
Cet accord de libre-échange entre l’UE d’une part, le marché commun du Sud d’autre part (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), doit être signé officiellement mais plusieurs Etats européens s’y opposent. La Commission européenne a tenté d’apaiser les agriculteurs en proposant des clauses de sauvegarde pour certains produits agricoles comme le boeuf.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le 18 décembre aux dirigeants des pays de l’UE que la signature de cet accord avait été reportée au mois de janvier, ont rapporté à Reuters des sources européennes.
Source : Reuters
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